Le 21 mars 2025, l’Élysée a officialisé la fin du mandat de Luc Rémont en tant que président-directeur général d’EDF, une annonce qui a surpris le monde de l’énergie et de l’industrie.
Ce départ anticipé, avant l’échéance prévue en juillet, marque une nouvelle phase pour l’entreprise publique en pleine mutation.
Une présidence marquée par des défis structurels
Dans un contexte de crise énergétique exacerbée par la guerre en Ukraine et la hausse des prix de l’électricité en Europe, il avait la responsabilité de stabiliser la production tout en préparant EDF aux défis futurs, notamment le développement des nouveaux réacteurs EPR2, un projet stratégique porté par l’État.
Son mandat a été marqué par des avancées techniques, mais aussi par des échanges parfois complexes avec le gouvernement sur la trajectoire industrielle et financière du groupe.
Des tensions croissantes avec l’État
Luc Rémont a rencontré des tensions avec l’État, actionnaire unique d’EDF, notamment sur la tarification de l’électricité pour les industries énergivores et la réforme du cadre de vente de l’électricité nucléaire. Ses propositions ont été freinées par Bercy et les industriels concernés. Par ailleurs, des divergences stratégiques sont apparues autour du programme nucléaire, notamment sur la viabilité des six nouveaux réacteurs EPR2, alors qu’EDF peine déjà avec les retards du chantier de Flamanville. L’Élysée aurait remis en question la gouvernance du groupe, conduisant à un changement de direction.
Une transition stratégique avec Bernard Fontana
Bernard Fontana a été choisi pour remplacer Luc Rémont, actuel directeur général de Framatome, filiale d’EDF spécialisée dans la conception et la maintenance des réacteurs nucléaires. Son profil technique et son expertise dans le secteur nucléaire suggèrent une volonté de recentrer EDF sur ses priorités industrielles, en mettant l’accent sur l’accélération du programme EPR2 et la modernisation du parc nucléaire existant.
Cette nomination traduit aussi une volonté de l’État de renforcer son contrôle sur EDF dans un contexte où l’entreprise doit jouer un rôle clé dans la transition énergétique de la France. Alors que le gouvernement veut garantir une électricité décarbonée et compétitive pour l’industrie et les ménages, la stratégie du nouveau dirigeant sera scrutée de près.
En quoi consiste le programmes EPR2 ?
Le programme EPR2 vise à développer des réacteurs nucléaires de nouvelle génération, améliorant la conception de l’EPR pour réduire les coûts et les délais de construction tout en renforçant la sécurité. Il prévoit la construction de six réacteurs en France d’ici 2050.
Le prix de revient préoccupe grandement le monde de l’énergie puisqu’il dépasserait les 150€/MWh (selon Reporterre.fr), un prix bien au-delà du marché actuel.